Les infections de la muqueuse anogénitale par des virus appelés papillomavirus humains (HPV) sont très fréquentes dans la population générale. Elles peuvent être à l’origine, parfois, de cancers comme le cancer du col utérin ou le cancer de l’anus.

Le fait d’être infecté par le VIH favorise la persistance de ces virus au niveau de la muqueuse anogénitale ainsi que l’apparition de lésions bénignes (aussi appelées condylomes) et/ou de lésions précancéreuses (dysplasie), qui peuvent évoluer en cancer. La présence de lésions associées aux HPV au niveau de la zone anogénitale (col de l’utérus et anus en particulier) est l’indicateur d’une infection virale qui persiste dans l’organisme et qui peut conduire au développement d’un cancer anal.

Chez les personnes vivant avec le VIH, le cancer de l’anus est le 3ème cancer le plus fréquent chez l’homme et le 7ème chez la femme.

Pour prévenir la survenue d’un cancer anal, le suivi proctologique est essentiel : 

Premièrement, il détecte et permet de traiter les lésions anales associées aux HPV à un stade précoce, avant qu’elles n’évoluent vers un cancer (traitement par application locale de pommade, par application d’azote liquide en consultation ou par geste chirurgical en ambulatoire [électrocoagulation au bistouri électrique ou au laser] en cas de lésion étendue).

Deuxièmement, il peut permettre également de repérer, à un stade précoce, la présence d’un cancer, ce qui augmente les chances de guérison.

Cet examen proctologique est particulièrement recommandé pour les hommes ayant des rapports sexuels anaux avec d’autres hommes (pour eux, le risque de développer un cancer anal est multiplié par 100 par rapport à la population générale), mais aussi pour tous les patients ayant déjà eu un condylome anogénital et pour les femmes ayant une dysplasie ou un cancer du col utérin.

L’examen proctologique est rapide et indolore, il est réalisé par un médecin spécialiste appelé proctologue et consiste en un examen anal visuel, un toucher anorectal et une anuscopie.

La plupart du temps, les personnes porteuses de lésions précancéreuses ne présentent pas de symptômes. Il est donc important si vous présentez un facteur de risque, de vous faire suivre régulièrement au niveau proctologique.

Le fait de prendre un traitement antirétroviral ne diminue pas le risque de lésion anale liée aux HPV.

Lorsqu’un cancer anal est diagnostiqué, après la réalisation de biopsies plusieurs types de traitement sont possibles selon la localisation et l’étendue des lésions :

En premier lieu, un bilan d’extension est réalisé (examen clinique, bilan biologique, IRM et/ou échographie, scanner et/ou TEP-scanner) afin de classer cette tumeur selon la classification appelée TNM (classification indiquant la taille et l’étendue du cancer).

Dans les formes de cancer très localisées, la chirurgie seule peut être proposée. La plupart du temps, le traitement repose sur une radiothérapie seule ou une association radio-chimiothérapie.

En cas d’échec du traitement par radiothérapie ou par radiochimiothérapie, une intervention chirurgicale retirant complétement l’anus avec la mise en place d’un anus artificiel (poche de colostomie) sera réalisée.

                                                                              Dr Laurent QUERO

                                                                              Cancérologie - Radiothérapie

                                                                              Hôpital Saint-Louis

                                                                              Paris

Le cancer de l'anus

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